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Fisheye

La vision des couleurs chez les poissons

La vision des couleurs chez les poissons (et chez les pêcheurs) un article de Jean Paul CHARLES, un article extrait du Magazine Carnassiers du Web exosiste.com. A la lecture de cet article très instructif vous pourrez sans doute vous faire une idée de la façon dont les poissons voient vos mouches et sans doute d'en tenir compte pour vos imitations.

Des extraits 

"Nos carnassiers d’eau douce verraient comme vous et moi, un peu moins bien en vérité puisque nous disposons d’un nombre supérieur de cônes. Les poissons ont en revanche d’avantage de bâtonnets, ce qui améliore grandement leur vision nocturne ou par faible luminosité".

"D’autre part, les spécialistes s’accordent tous à dire que les poissons sont myopes. Cela est dû à la forme sphérique de leur cristallin (contrairement à celle des mammifères qui est ovale) et à leur faible capacité d’accommodation (la « mise au point »), puisque leur œil fonctionne comme l’objectif d’un appareil photo, en faisant varier la distance focale, et non en déformant le cristallin comme chez nous. En gros, ils verraient très bien de près, mais assez flou de loin."
Noter que cette dernière constatation est à l'origine d'un des arguments avancés par les américains pour justifier l'intérêt d'ajout de hot spots sur les imitations de mouches.

"Ça ne change rien à leur perception des couleurs, par contre les subtils détails de certains leurres doivent sans doute leur apparaître un peu brouillés ! Notons au passage que certains poissons ont en plus une membrane réfléchissante –le Tapetum lucidum pour les intimes- qui reflète le moindre rayon lumineux et qui donne au sandre ce regard de verre si caractéristique, que l’on retrouve aussi chez les chats et les chiens lorsqu’ils sont éclairés par les phares d’une voiture..."
D'où l'intérêt de monter des matériaux réfléchissants (tinsels holographiques, mylar, flashabou, etc...) sur vos mouches.

"Nous pouvons donc conclure que nos amis à écailles perçoivent correctement toutes les couleurs, exactement comme nous quand nous faisons de la plongée en apnée. Pour pratiquer ce loisir régulièrement dans les eaux limpides de la Méditerranée, je sais bien que toutes les couleurs s’estompent passés quelques mètres, suivant un ordre précis que voici :...."
Certaines couleurs seront donc mieux perçues que d'autres suivant l'éclairage et la profondeur d'eau.

"Oui, mais c’est compter sans la fluorescence ! Il s’est avéré en effet que la rétine de beaucoup de poissons était sensible au rayonnement ultraviolet alors que la nôtre ne l’est pas...La question est de savoir si nos poissons d’eau douce perçoivent également les ultraviolets. Il semblerait bien que oui, au point que certains chercheurs parlent de vision quadrichromate pour désigner cette faculté des poissons que nous ne possédons pas. Pour le sandre en tout cas- et tous les percidés- nous le savions depuis longtemps, devant le succès des rouges japonais et autre vert chartreuse. Mais il semblerait que les cyprinidés voient parfaitement eux aussi les couleurs fluorescentes, avis aux carpistes...il faut aussi mentionner les couleurs phosphorescentes, qui procèdent de la même façon que les fluorescentes, mais qui libère plus lentement la lumière, ce qui font qu’elles « brillent » dans le noir. Elles rayonnent également dans la lumière U-V, ce qui les rend incontournables pour les grands fonds. "
Ceci milite en faveur des hot spots fluorescents et phosphorescents. 

"Comme nous, les poissons ne distinguent plus les couleurs par faible luminosité, mais ils discernent beaucoup mieux les valeurs, les nuances de gris si l’on veut. C’est pour cela sans doute que le blanc et le noir sont des couleurs régulièrement prenantes. Dans la semi clarté de l’aube ou du crépuscule, il vaut mieux jouer à fond la carte des contrastes ! C’est pour cela aussi que les couleurs fluos sont plus visibles, car elles continuent d’émettre dans des longueurs d’ondes plus « claires ».  D’autre part, il-y-a l’aspect « éclat », c’est-à-dire l’or, l’argent, les reflets holographiques qui eux aussi sont gérés par les bâtonnets, ainsi que le mouvement."
Misons donc sur les couleurs fluos par faible luminosité... ou pas et sur les contrastes faisant également partie des critères des hot spots.

"Mis à part les rivières à truite et les étangs calmes et limpides, la visibilité dans nos lacs et nos rivières ne dépasse pas 1 ou 2 mètres de profondeur, souvent moins. Dans ces conditions, et au vu de ce qui précède, je pense qu’il vaut mieux miser sur le contraste que sur la couleur à proprement parler. Les fonds sont clairs ? Prenez des leurres foncés, de n’importe quelle couleur, et vice versa."
Peut-on l'appliquer aux mouches?

Des conseils: 
"Évitez le naturel ! Il faut déclencher l’attaque en énervant le poisson, pas en essayant de le tromper. En résumé, je dirais que le blanc et l’argent (holographique ou pas) sont les couleurs les plus régulièrement prenantes.
Quand on ne sait pas quoi choisir, il faut commencer par celles-là.
Dans les eaux très claires, les leurres aux couleurs réalistes seront mieux perçus, mais seront-ils plus efficaces que des couleurs « flashouilles » ? Rien n’est moins sûr face à des poissons agressifs, comme je viens de le dire..."

Bien que ces derniers conseils s'appliquent aux leurres pour carnassiers, à la lecture de cet article sur la vision des poissons, on comprend mieux pourquoi les pêcheurs et monteurs américains ont introduit le concept de hot spot dans le montage des mouches artificielles.





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